Si les termes ERP (ou PGI) ou encore CRM sont connus des sociétés dites "commerciales" des secteurs terciaires et des "services", le PLM (Product Lifecycle Management) issu des outils de PDM / SGDT (Product Data Management – Systèmes de Gestion de Données Techniques) reste encore trop cantonné dans les entreprises dites "industrielles".
Pourtant les entreprises de services ou commerciales gèrent de plus en plus de produits, d'évènements, de systèmes complexes... Les achats, rationalisant de plus en plus les articles et leurs fournisseurs, pilotent des référentiels de plus en plus imbriqués, versionnés, classés …
Il est vrai qu’avec deux ouvrages sur les SGDT, en 1995 (éditions HERMES et MASSON) puis, enfin, un ouvrage généraliste sur le PLM en 2004, toujours aux éditions HERMES, la littérature est bien pauvre sur le sujet face aux ERP (outils et méthodologies associées). Le PLM est pourtant intégré dans les connaissances générales des cursus d’école d’ingénieur et à l’université technologique. Les solutions sont pourtant peu présentes en travaux pratiques, les enseignants préférant les outils de simulation ou de design (CAO, calculs) dans les filières techniques appliquées.
Une autre différence avec les ERP est l’absence de démarche d'urbanisme (cartographie des processus, architectures applicatives et techniques) ou de BPM (Business Process Management) non systématique sur un projet PLM …
La notion de Produit des outils de PDM/PLM peut être d’ailleurs étendue à la notion de systèmes car en dehors des entreprises manufacturières classiques et/ou des industries majeures (automobile, aéronautique, biens de consommation, …) les outils PLM sont aussi utilisés dans la gestion de systèmes complexes (armée, ingénierie civile et pétrolière/chmique, médical, entreprises pharmaceutiques, …)
Pourtant moins rigides que les ERP (basés sur un mécanisme ‘’transactionnel’’), par leur paramétrage et leur modèle de données évolutif, il se concentrent sur des fonctions évoluées tournées sur la Gestion du Produit :
- la Gestion de Configuration, avec des configurations ‘’de travail’’ (le bureau de design, les bureaux d’études, …), ‘’applicables’’ (les méthodes) et plus ‘’physiques’’ (la production, la maintenance,…) tel que les configurateurs utilisable par les équipes de vente en bout de chaîne.
- Le Change Management ou la traçabilité des évolutions, l’historique, les solutions retenues ou écartées … dans la conception … la gestion de l’obsolescence …
- La Gestion de Nomenclatures, la classification chargée d’homogénéiser la donnée, de la stocker, de la rationaliser …
- Le Concurrent Engineering qui permet un travail collaboratif entre équipes pluridisciplinaires et en mode décalé pour améliorer le fameux TTM (Time To Market).
- L’intégration avec des outils techniques comme la CAO ou plus généralement l'IAO (Ingénierie Assistée par Ordinateur), pour concevoir en ‘’4D’’ le produit, le process, les ressources, le système.
- Gérer les données liées au produit/aux systèmes : les simulations, calculs, les ressources (l’usine, les moyens de production, l’outillage, les réseaux électriques, fluidiques, le convoyage …)
- Les Workflows ou le moyen de gérer et de tracer l’évolution, la validation, l’instruction d’un dossier technique ou documentaire (Qualité, normes, manuels …)
- des fonctions de GED/GEDT (Gestion Electronique de Documents Techniques) : attachement au produit/au système des documents de l’entreprise.
Les solutions PLM ‘’mangent’’ donc les platebandes de d’autres familles d’outils informatiques, source de confusion ou d’erreur sur leur statut:
- La Gestion de Configuration Produit n’est pas une Gestion de Configuration Logicielle …
- La GPAO (Gestion de la Production Assistée par Ordinateur) avec la notion de gamme est une configuration ‘’ultime’’ du produit. Les outils de PLM n’ont pourtant pas souvent les fonctions de planification nécessaire (MRP par exemple). Par contre pour la GMAO (… Maintenance …) ou le SLI (Soutien Logistique Intégré) leur spectre fonctionnel est souvent suffisant.
- La GED (Gestion Electronique de Documents) où le système- le produit est remplacé par le document mais les outils PLM n’ont pas par défaut les fonctions d’indexation et de gestion de contenu nécessaire (dont XGML).
Toutes ces fonctionnalités ouvertes aux utilisateurs font d’eux des utilisateurs ‘’avertis’’ à l’opposé de ceux des ERP beaucoup plus contraints dans des interfaces figées et des (trans-)actions guidées.
L’outil PLM laisse donc place à la création et à l’imagination nécessaire en phase de design, de conception, de tests, de configuration client alors que l’ERP cherche la standardisation des opérations (comptabilité, achats, logistique, planification oblige !)
La frontière est donc infime et les zones de recouvrements larges entre les grandes familles de progiciels du marché ...
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